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Bonjour à vous, famille, Amis, amis poètes, amis lecteurs, Bienvenue sur mon blog "LE VOLEUR DE FEU". J'y ai rassemblé l'ensemble des recueils de poésie rédigés entre 1978 et 1985, "Mes saisons en enfer" en quelque sorte, ainsi que des poèmes récents et plus classiques, des chroniques sur Verlaine et Rimbaud, un hommage à Audiard, et d'autre rubriques à venir. N'hésitez pas à venir signer le livre d'or ou à me contacter.
"Il se trouve dans les trois quarts des hommes comme un poète qui meurt jeune, tandis que l'homme survit". Sainte-Beuve (portraits littéraires, 1844)
"FAIS DE TOI TON OEUVRE POSTHUME" Tristan CORBIERE, les amours jaunes
"Lorsque j'ai écrits ces vers, il n'y avait que Dieu et moi pour les comprendre. Aujourd'hui, il n'y a plus que Dieu". Victor HUGO (cité par Pierre DESCAVES)
Lorsque jétais enfant, entre deux maraudages, Je lisais quelques vers de Vigny ou Musset. Bien vite fatigué par tous ces bavardages, Je refermai le livre et je réfléchissais. Quest-ce la poésie ? Seulement quelques rîmes ? Quelques vers décroisés, des musiques plurielles ? Ou est-ce la fusion de lâme et de lintime, Du soleil et du vent fondu dans larc-en-ciel ? Nais-je jamais vécu que dans le souvenir, Venir et revenir aux sources de lenfance, A chercher londe blanche et la blonde innocence, Les rires cristallins dans le ciel du zéphyr. Et puis très lentement, lenfance a disparue, Dans tous mes cauchemars, la mort est apparue. Depuis celles dAuschwitz à celle de mon père, Mon âme est devenue un vaste cimetière. Je me souviens encor, comme un écho lointain, Des paroles brouillées, des mots éparpillés De ces vieillards figés dans le froid du matin, Pleurant la Grande guerre, émus et résignés. Et jai voulu chanter comme le sansonnet ! Jai vomis quelques vers, quelques rimes fragiles, La main comme boulier pour compter avec style Lalexandrin boiteux coincé dans le sonnet. Et jy croyais pourtant à ces vers enfantins, A ces quelques reflets de mon âme blessée ! Et toute la semaine, et du soir au matin, Je comptais sur mes doigts les pas de ma pensée. Je me souviens encor de ces quelques poèmes Envoyés nuitamment à quelques imprimeurs ! A découvrir, naïf, le compte déditeur, Jaurais presque payé, moi le pauvre bohème ! Et lorsque jai trouvé, dans une librairie, Un livre du voisin, notable insignifiant, Qui contait, orgueilleux, lamour de la patrie, Jai haï lédition et parti en fuyant. Et puis quelques concours de poésie locale, Quelques prix, des médailles en papier dargent, La fierté de ma mère, son fils intelligent, Un article de presse en lettres capitales. A force de scruter lombre du crépuscule, A chercher constamment lempreinte du néant, Jai construit la douleur, jai trouvé la formule, Et lexacte harmonie du silence béant. Jai remisé Musset, jai maudit Lamartine, Toute la cohorte des académiciens. Jai gardé les sanglots et les peurs enfantines De Verlaine aérien, païen et paroissien. Il me reste le son, la douceur de laurore, Lécho évanescent du songe disparu, Des gestes, des frissons, et la langueur encore, Les flots incandescents dun bourgeon apparut. Jai remisé Vigny et Leconte de lisle, Celui qui demandait à fusiller Verlaine ! Ah Leconte de lIsle, ce pauvre imbécile, Dissous dans le néant acide de ma haine ! De mon anthologie, il me reste Rimbaud, Cest le fils du soleil, le plus pur, le plus beau, Cest un astre infini, cest mercure au zénith, Cest une éternité figée dans le granit. De la forme évasée, fugace de Verlaine, Il me reste lécho dun pas sur de la mousse. De Rimbaud jai gardé le feu de la secousse Dun tremblement de terre courant dans la plaine. Je pu mourir denfance, et jai pu naître enfin, Renaître par les vers de ma désespérance. La haute solitude de ladolescence, Comme un soleil brisé sur un iceberg sans fin. Et si jai déposé, quelques temps, ma douleur, Noyée dans le magma des affres du réel, Jen reprends aujourdhui le sens originel, Je redeviens acteur de mes sourdes clameurs. Chaque jour, chaque rêve, à chaque battements De cur il me faudra écrire constamment. Et il me faudra encor, à chaque tourment, Ecrire la douleur, la sculpter puissamment. 29 janvier 2006 LES COMPLAINTES
La complainte de lenfance Lécho de mon enfance émerge du plateau De Mazagran hanté par les chants de Verlaine. Quelques coquelicots parsèment les coteaux Et les champs traversés par les berges de lAisne. Cest la mélancolie de lennui oppressant Que versent dans la nuit les ombres des corbeaux. Les fantômes errants de Verlaine et Rimbaud Bercent mes souvenirs brûlants dadolescent Lécho de ma révolte émerge de Vouziers, Comme le grondement roulant dun feu de fer. Jy ai vécu, amer, ma saison en enfer, Gravée en lettre de sang dans quelques cahiers. Et pourtant, chaque mois, dès quapparaît lArgonne, Et dès que jentends au loin les cloches qui sonnent, Lenfance disparue dans les marais de lâge Semble réapparaître de ce marécage. Jy ai connu lamour, jy ai connu la mort, Lamour de mes quinze ans, et la mort de mon père. Jy ai vu linsolence des bourgeois austères, Les pauvres à léglise, émus dans le remord La place de Vouziers résonne des sanglots De Paul Drouot tué pendant la grande guerre. La statue de Taine, murée dans son enclos Semble répondre aux morts du monument de pierre. Que reste-t-il, hélas, de tous ces souvenirs, Et de ces librairies ouvertes sur le monde ! Il me reste surtout loiseau bleu zébrant londe De lAisne indolente comme une vieille lyre. Lombre du tribunal me rappelle Verlaine, Le prisonnier le plus célèbre de Vouziers. Et à travers le vent, le doux chant de la plaine, Cest Verlaine qui pleure, absent et oublié. Me souvient-il encore dAuguste Bretagne, Et lami de Verlaine et celui de Rimbaud ? Il fit se rencontrer le plus saoul au plus beau, Le plus laid à celui du fils de la campagne. Et lorsque je men vais en exil vers la ville, Je replonge à travers mes regrets juvéniles. Je laisse linnocence, et je pleure en silence Le monde merveilleux de ma lointaine enfance Lécho de mon enfance émerge du plateau De mazagran baigné dans le brouillard montant. Vouziers a disparu à travers le manteau De brumes et de neige et des rires dAntan.
Lorsque jétais enfant, entre deux maraudages, Je lisais quelques vers de Vigny ou Musset. Bien vite fatigué par tous ces bavardages, Je refermai le livre et je réfléchissais. Quest-ce la poésie ? Seulement quelques rîmes ? Quelques vers décroisés, des musiques plurielles ? Ou est-ce la fusion de lâme et de lintime, Du soleil et du vent fondu dans larc-en-ciel ? Nais-je jamais vécu que dans le souvenir, Venir et revenir aux sources de lenfance, A chercher londe blanche et la blonde innocence, Les rires cristallins dans le ciel du zéphyr. Et puis très lentement, lenfance a disparue, Dans tous mes cauchemars, la mort est apparue. Depuis celles dAuschwitz à celle de mon père, Mon âme est devenue un vaste cimetière. Je me souviens encor, comme un écho lointain, Des paroles brouillées, des mots éparpillés De ces vieillards figés dans le froid du matin, Pleurant la Grande guerre, émus et résignés. Et jai voulu chanter comme le sansonnet ! Jai vomis quelques vers, quelques rimes fragiles, La main comme boulier pour compter avec style Lalexandrin boiteux coincé dans le sonnet. Et jy croyais pourtant à ces vers enfantins, A ces quelques reflets de mon âme blessée ! Et toute la semaine, et du soir au matin, Je comptais sur mes doigts les pas de ma pensée. Je me souviens encor de ces quelques poèmes Envoyés nuitamment à quelques imprimeurs ! A découvrir, naïf, le compte déditeur, Jaurais presque payé, moi le pauvre bohème ! Et lorsque jai trouvé, dans une librairie, Un livre du voisin, notable insignifiant, Qui contait, orgueilleux, lamour de la patrie, Jai haï lédition et parti en fuyant. Et puis quelques concours de poésie locale, Quelques prix, des médailles en papier dargent, La fierté de ma mère, son fils intelligent, Un article de presse en lettres capitales. A force de scruter lombre du crépuscule, A chercher constamment lempreinte du néant, Jai construit la douleur, jai trouvé la formule, Et lexacte harmonie du silence béant. Jai remisé Musset, jai maudit Lamartine, Toute la cohorte des académiciens. Jai gardé les sanglots et les peurs enfantines De Verlaine aérien, païen et paroissien. Il me reste le son, la douceur de laurore, Lécho évanescent du songe disparu, Des gestes, des frissons, et la langueur encore, Les flots incandescents dun bourgeon apparut. Jai remisé Vigny et Leconte de lisle, Celui qui demandait à fusiller Verlaine ! Ah Leconte de lIsle, ce pauvre imbécile, Dissous dans le néant acide de ma haine ! De mon anthologie, il me reste Rimbaud, Cest le fils du soleil, le plus pur, le plus beau, Cest un astre infini, cest mercure au zénith, Cest une éternité figée dans le granit. De la forme évasée, fugace de Verlaine, Il me reste lécho dun pas sur de la mousse. De Rimbaud jai gardé le feu de la secousse Dun tremblement de terre courant dans la plaine. Je pu mourir denfance, et jai pu naître enfin, Renaître par les vers de ma désespérance. La haute solitude de ladolescence, Comme un soleil brisé sur un iceberg sans fin. Et si jai déposé, quelques temps, ma douleur, Noyée dans le magma des affres du réel, Jen reprends aujourdhui le sens originel, Je redeviens acteur de mes sourdes clameurs. Chaque jour, chaque rêve, à chaque battements De cur il me faudra écrire constamment. Et il me faudra encor, à chaque tourment, Ecrire la douleur, la sculpter puissamment.
La complainte à Nathalie Je dépose à nouveau lenfance sur lautel Du monument aux morts de mon adolescence. De tous les noms gravés dans le grés solennel, Celui de Nathalie se murmure en romance. Jai la mémoire intacte aux parfums mystérieux, Aux courbes devinées dun corps en mouvement Entremêlé de fleurs et de flacons précieux Quune goutte suffit à mon envoûtement. Quest-elle devenue, mon âme, mon enfance, Sculptée dans le granit du monument aux morts De tous les corps aimés de mon adolescence ? De tous les noms figés dans le roc de loubli, Cest celui de Nathalie qui murmure encore Comme un écho lointain dans laube qui pâlit. Lorsque le ciel enfin verse laube en lumière, Et que de lhorizon se lèvent les chaumières, Les arbres décharnés dessinent dans le ciel De longs squelettes blancs bercés par le soleil. La plaine est incertaine, et le brouillard levant Balbutie des flocons ballottés par le vent. De longs murmures noirs montent des arbres nus, Des plaintes vaguement bruissent dans linconnu. A travers le désert humide et silencieux, Le ciel en mouvement disperse les nuages. La plaine immaculée, dévoilée par lorage Emerge sur un peuple secret, mystérieux. La haute solitude habite lharmonie Des longs corbeaux figés dans leur éternité. Ils semblent traverser toutes les décennies, Comme des tombes sur un champ ensanglanté. Et dans limmensité de la glace sculptée Par les grands vents du nord que bercent des sanglots Jamais vous ne verrez le corps mort dun corbeau, Desséché au soleil blanc de la tranquillité. Quelques points noirs au loin parsèment le silence, Cest le peuple immortel de ma désespérance En marche vers le feu glacé de mon enfance, Bercée les soirs dhiver par les corbeaux immenses. La complainte du Pêcheur A lombre du tilleul, elle mest apparue, Fantôme évanescent flottant sur londe mauve De létang suspendu aux reflets blancs et fauves. A lombre du tilleul, elle mest disparue. Et ses grands yeux violets scintillent de myrtilles Tandis que laube enfin lève le drap de pluie Sur un jardin de fleurs et un champ de jonquilles, Et ses grands yeux violets scintillent dans la nuit. Et ces parfums secrets éveillent les regrets, Les souvenirs baignés de langueur minérale Les soupirs murmurés par le ciel sidéral. A lombre du passé, un fantôme est venu. Lorage maintenant recouvre le marais, Et les rires muets, et les grands arbres nus.
La complainte du chômeur A tous les exclus, les « accidentés de la vie », les chercheurs demploi, bref à tous les chômeurs Ecoutez la complainte du pauvre chômeur, La sourde litanie, La douleur infinie, Ecoutez, je vous prie, cette longue clameur. Lusine lentement disparaît dans les ronces, Comme mes souvenirs. Je nai pas davenir, A toutes mes questions, je nai pas de réponse, Il me revient parfois, comme une chanson douce, Lécho de latelier, Les chants des ouvriers Noyés dans les bières blondes gonflées de mousse. Et de plus loin encor, jentends souvent mon père, Me montrer fièrement Sa médaille dargent Pour les vingt cinq années de travail salutaire. La ville résonnait au rythme de lusine, Et si parfois la grève Se terminait en trêve, Le silence souvent recouvrait les machines. Et lorsque le patron, père et maire de droite, Bien sûr sans étiquette, Nous offrait la piquette, Nous serrions en tremblant sa main blanchâtre et moite. Nous regardions envieux la superbe bâtisse, Les belles colonnades, Le ruisseau en cascades, Le nom en lettres dor gravés en frontispice. Et puis ils sont venus, en costumes trois pièces, Traversant le hangar Sous le regard hagard De tous les ouvriers ravagés de tristesse. Et depuis quelques mois, nous ne voulions savoir, Le rythme au ralenti, Les rumeurs démenties, Et depuis quelques temps, nous ne voulions pas voir. Je men souviens encor, ce faut au mois de juin, Je reçu au courrier Un étrange papier Daté, séché, signé par notre châtelain. Je ne comprenais pas car jétais en congés, Prêt à rejoindre enfin La mer du Cotentin, A regarder la mer, sur la sable allongé. Nous étions quatre-vingt ouvriers sacrifiés, Le loyer impayé, Les factures noyées Dans les publicités du bel hypermarché O bien sur, la prime dancienneté versée Illumina nos yeux. Ces chiffres merveilleux, Comme trois chevaux gagnants dans un très beau tiercé. Ma femme a disparue, et mon enfant avec, Je nai plus de permis, Où sont tous mes amis, Brûlés au sel acide de mes sanglots secs ? Et à lANPE, on ma bien expliqué La flexibilité Et la mobilité Jai fais un beau CV, je me suis appliqué. Jai écris tous les jours, jai écris quatre jours Aux quatre entreprises, Elles ne mont pas prises, Jai crié, jai pleuré, appelé au secours. Et puis ils mont radié, irradié au soleil, De ma désespérance. Et je brûle en souffrance Des feux fous de la bouteille aux couleurs vermeilles. Je sombre lentement dans la résignation, Je vote national, A la municipale, Et je lève le sabre et puis le goupillon. Le café a fermé, lécole a disparue, Lunique épicerie De mon copain Ali Reste ouverte tard, la nuit, au coin de ma rue. Et puis le RMI, les sacs alimentaires, Les regards de pitié, Et mon honneur broyé Obligé de me taire, obligé de me taire
Demain je vais fêter mes cinquante-deux ans, Un beau feu dartifice Lultime sacrifice De mon âme blessée, mon corps agonisant. Je ne sais pas encor, de larabe ou du maire Qui sera le coupable. Jai posé sur la table Les armes de mon père ainsi quun revolver. Jai perdu la raison, lalcool brûle mon corps, Et la télévision, Pendant le réveillon Hurle des chants damour dans un joyeux décor. Je ne demandais rien, juste un peu de travail, Me lever le matin, Toucher mon bulletin, Peut-être recevoir, un jour, une médaille. Je ne demandais rien, finir tout simplement De payer ma maison, Saison après saison, Et puis tout doucement, vieillir très lentement. Je ne sais pas écrire, et je sais très peu lire, A lécole autrefois Je menfuyais parfois Sous les coups de bâton, blessé à en mourir. Je ne sais plus parler, je bafouille des sons, Je ne me lave plus, Ma tête chevelue Ressemble étrangement aux pics dun hérisson. Je nai plus de désir, la mort hante mon corps, Comme un cancer caché Et qui soudain craché, Explose par la bouche en un rouge haut-le-corps. Dites-moi, vous lecteur, tout ce que je dois faire ? Donnez-moi sil vous plaît De quoi panser ma plaie, De quoi recommencer, comme avant, comme hier. Et je ne comprends rien à la télévision, La mondialisation, Et les reconversions Et les grands bienfaits de la privatisation. Jétais bien, vous saviez, dans mon aliénation, Il faut bien travailler, Et jétais le premier A entrer dans lusine avec admiration. Ils parlent de contrat, contrat nouvel embauche, Je ne demande rien, Quun poste de gardien Un simple CDE, contrat dernière embauche. Lusine lentement disparaît dans les ronces, Comme mes souvenirs. Je nai plus davenir. A toutes mes questions, je nai plus de réponse, La complainte du pauvre à léglise Mon Dieu, pardonnez-moi, donnez-moi le courage De vivre dignement Dans le recueillement. Mon Dieu, protégez-moi de tout libertinage. Je cherche dans mon âme, et dans mes souvenirs, Les mauvaises pensées. Et pour me confesser, Je balbutie des mots, des pleurs de repentirs. Le dimanche à la messe, et les veilles de fêtes, Je suis au dernier rang, A prier en vibrant, A donner quelques sous au moment de la quête. Je ne sais pas chanter, et je ne sais pas lire, Jattends que les fidèles, Pendant le rituel Se lèvent lentement pour se faire bénir. Si je connais par cur les 10 commandements, Parfois je suis perdu, Malheureux, tout confus, A chercher dans la bible les Saints sacrements. O Mon Dieu, donnez-moi votre force daimer, Donnez-moi lespérance La joie dans la souffrance, Le courage éternel de ne pas blasphémer. O mon Dieu, écoutez ma prière un instant. Un instant seulement, Car mes gémissements Tout au fond de mon cur me semblent inquiétants. Je nai jamais volé, on a volé ma femme, Un cancer on ma dit. Elle est au paradis, Grâce à notre curé qui a sauvé son âme. Je nai jamais tué, si ce nest à la guerre, Mais ce nest pas pareil, Car sous le beau soleil De lAlgérie priait laumônier militaire. Jai toujours travaillé 6 jours de la semaine, Mais quand jai refusé Dimanche de creuser, Ils mont mis à la porte, riant et plein de haine. Jai voulu honorer et mon père et ma mère, Mon corps garde toujours Le feu de leurs amours, Les brûlures séchées des marques des lanières. Je nai jamais commis, O mon Dieu, ladultère Mon corps trop fatigué Ne sais plus distinguer Le désir disparu du plaisir solitaire. Et le dimanche matin, sur les marches glissantes De léglise éclairée, Je suis considéré Lorsque je tends la main aux belles communiantes. Ils me donnent parfois des cornets de dragées, Des centimes deuros, Et sous les beaux vitraux, Je ressens votre présence se propager. Et vous mavez soumis aux tentations du mal, Et jai vaincu le diable, Serein, infatigable, Dans lantre grillagé du beau confessionnal. Après mêtre longtemps, humblement confesser, Le dimanche matin, Jaide le sacristain A ranger les prie Dieux et les bibles froissées. Il a beaucoup dhumour, toujours de belle humeur, A cause de mon dos, Je suis quasimodo, Il mime ma démarche avec un il moqueur. Mais je sais que souvent, entre quelques sermons, Il boit pendant confesse Le vin blanc de la messe, Il lutte sûrement contre quelques démons. Des fois il est si saoul quil me dit plein de choses, Lécho des bacchanales Du beau confessionnal Entourée dun laurier et dun bouquet de roses. Je sais tous les secrets de notre bonne ville, Les amours clandestins Des bourgeois puritains Avec les belles communiantes juvéniles. Même le châtelain, assis au premier rang Sur son bang réservé En lettres dor gravées A un comportement des plus déshonorants. Et je ne parle pas du premier magistrat, Mon ancien employeur Qui joue au bienfaiteur A la fin de la messe en son bel apparat. Mon Dieu, pardonnez-moi davoir pensé du mal De ces pauvres pêcheurs. Mon Dieu, chantons en chur, La venue du Seigneur dans le confessionnal. La complainte du pirate A l'aube minérale Diluée par les flots, Les chants des matelots Dans le ciel sidéral Déchirent l'horizon Posé sur les nuages. Et je perds la raison A voir dans les mirages De grands vaisseaux fantômes Dérivés dans les fjords, Des jets de maelströms Et des bordées de cordes Où pendent des pendus Aux vergues suspendues. Mer, éclats, éclairs, lune blanche au rire noire, Muraille au front d'eau froide étalée sur le sable, Je chante le typhon, je romps la mer étale, Je brise le filet argenté du miroir. Marins écartelés aux poutres des vaisseaux, Les algues ont murés, en toute transparence, Le rire ensanglanté et les rouges laitances Des matelots figés dans la mort en partance. Quelques doigts de coraux, couteaux de sable beige, Noix de cocos cassés, troncs d'arbres dérivants Comme des phallus noirs dans le soleil levant. Je dépose aujourd'hui l'écume de la neige. Et l'écho de la brume en larges roulements Déserte ma mémoire et coule lentement. La dernière complainte A mon enterrement, lorsque mes ossements, Descendront lentement aux cotés de mon père, Quelques proches parents pleureront doucement A lombre des tombeaux du vaste cimetière. Jaurais voulu ce jour baigné de soleil blanc, Un ciel dun bleu uni parsemé de nuages. Jaurai voulu ce jour, brûlant et aveuglant, Pour assécher les pleurs des ultimes hommages. Jaurai voulu surtout, sur ma pierre tombale, Quelques vers de Rimbaud, des sanglots de Verlaine, Des larmes mêlées à mes cendres minérales. Le silence troué par quelques oiseaux noirs Apaisera enfin mon éternelle peine, Mon âme consumée dans ce grand reposoir. La complainte du souvenir Ma mémoire est brisée en multiples morceaux. Des images denfance émergent lentement : Une photographie jaunie dun beau berceau Dans lequel je me noie inexorablement. Je pose mon regard sur ces quelques images, Froissées comme les plis du temps de la vieillesse. Je devine parfois, aux yeux des personnages, Un ami, une sur, une petite nièce. Mon âme sévapore, et je reste amnésique A creuser ma mémoire en tombe granitique. Oh mon Dieu, mon enfance, happée par le silence ! Que suis-je devenu ? Je repose limage, Je cherche et cherche encor quelques lointains mirages, Les feux des soleils noirs de mon adolescence.
La complainte nominale Fallait-il élaguer les larmes suspendues, Longues lames d'avril évasées par les vents ? A l'aube écartelée par les arbres tendus, Une étoile éclatée dans le soleil levant Gangrène l'arc-en-ciel noyé dans le brouillard. Nuées d'albatros nains, sternes noirs par milliard, Allument dans l'aurore un faisceau d'émeraude. Trouée, drap, torchon d'or, collier de sources chaudes, Toutes les nuits à traquer l'ombre ! Mais la lumière Irradie l'archipel de mes larmes premières. Digue d'eau à palmier, sable noir tamisé Au rythme du reflux des ailes alizés. Nous sommes le symbole, et le feu, et le temps Immobile et spatiale que le dieu suspend. Epuisé par le sel des larmes de tes yeux, La beauté a séché les éclairs bleus des cieux. Tags associés : complaintes
Mardi 25 Juillet 20061 commentaire(s)
LES OMBRES INTERIEURES Les cris mystérieux des anciens propagateurs Dune fantomatique vérité sévanouiront dans leurs nuits. Les anges et les saints seront les anti-héros Dune histoire passée. Leurs noms sonneront comme sonne une cloche fêlée. Et puis les égarés viendront parmi nous Pour jouir des immortelles passions. Les arbres nous conteront des ballades merveilleuses Les nuages, là-bas dans le ciel, ne seront plus Des arrosoirs utiles mais des cités inconnues. Un jour, tout sécroulera, Un jour le vent ne sera plus une force motrice Je laisse à votre grise mine le pouvoir De signer un appel à la providence. Jentends déjà rugir les invincibles fauves De la folie humaine. Quand ils seront lâchés, Il ne sera plus tant dinvoquer les bonnes paroles. Une charnelle pluie de jouissance Arrosera mes délires sous-jacents. A vous, les tours bétonnées, Moi, jai lunivers dans mon esprit. Il nest pas un lieu où vous ne soyez dans mes filets. Partout, vous serez incapable de dompter Les foyers de folie que vous avez déclenchées. Partout, vous serez le destin de votre uvre. La pluie se moque des idées. Larbre ne pense pas. Alors, philosophe dune illusoire vérité, Vous serez en mal de penser Et votre force sera votre faiblesse. Je nattends plus avec peur leffondrement De votre édifice. La vie maintenant est là. Demain est mort, hier nest plus. Lavenir ne sera quun immense charnier. La source claire est devant nous. Nessayons pas den faire un barrage, il finit toujours Par dévaster des vallées entières. Prenons seulement leau, là où elle est. Et laissons les hommes en mal de vivre Chercher leurs utopiques voies. Toutes les voies mènent aux cimetières. Le sang, les larmes refoulées derrière une vie cachée, Les sanglots évaporés par les centrales nucléaires. Les joies que lon croyait vraies Et qui appellent à la détresse. Toutes les amertumes seront sclérosées. A nous livresse, A nous lamour. Une cité brûle dans la ville castrée, Les cascades tombent des gorges asséchées, Un chat accroche son histoire après un arbre, Le chien est libre, Un camion se renverse dans sa masse, Le monsieur au chapeau jaune a une femme catholique, Un renard, un chacal, un feutre vert, La rage de vivre me fait mal aux dents, Un destin se dessine sur le mur, Je marrache la tête, Des épingles de Noêl dans un voile mystique, Dieux est nerveux dans son fauteuil de peaux humaines, Tous les chemins se fonderont en un ballet pour fée, Seul le lion savoure sa paresse, Tous les organes chantent un concerto, Lhomme est mort dans sa misère, Un chagrin de pluie sur une tombe mouillée de sang, Une espèce rare à chaque coin de rue, Multipliez-vous, sales nombre, mathématiques sanglantes, Regardez vos mais ne pierre, Statues, Saucisson au lard de Provence, Pourriture infecte de tes flancs gorgés deau, Bois, bois ton espoir mécanique, Lautel de lencens cocu, Le sourire dun arbre, Un visage familier me presse doucement le sexe, Un serpent de bois vert, Qui monte dans la honte, Les animaux de chair, Tous des frères, vive ; Et vous, mortels pensants, Regardez les blocs de peaux tannées, Les canons de chair appétissante, Que de feu, que de sang, Que darbres qui se couchent dans leur boue. La meilleure volonté du monde Ne suffirait pas à arracher De mes entrailles cette profonde Douleur à ma peau écorchée ; Je voudrais arracher de mes racines Ce sang ancestral qui me bouffe le cur, Un espoir, une visite, un mot Qui se déshabillerait tout seul, Ah, un mot sans orages, Doux, languissant, mûr comme un fruit éclaté, Un orgasme magique, Un opéra mystique, Je voudrais ne pas connaître ce dieu de fer, Des images cyniques qui parlent delles-mêmes, Des instants stratifiés en liquide vagabond, Un ruisseau doiseaux, Un fleuve de songes huileux Qui glisserait le long de mon âme, Une cité sans phares, Une lumière morte dans le foyer de tes espoirs, Jaurais voulu trouver une ivresse de la vie. Des écueils de soie qui souvrent comme une fleur. Le métal qui me pèse sur le cur Comme un remord de sang figé. Des flammes de vertes prairies sen iront Lécher les jambes de mon esprit denfer. Limmonde sorcellerie me fait des adieux. Et moi qui range silencieusement le ciel. Un mirage de franges embuées sur les fenêtres fermées. Courir, voler, le roi et sa caserne, le vent qui hurle. Un toit grimpe vers labîme infini. Je vois les histoires senlacer. Un poème, une eau de pluie dans les gouttières. Malheur, malheur aux cimes de mon envie. Jairai marcher sur les sables froids des aquariums. Un sang de pluie, Une tornade bouche lévier, Lenvers qui sen veut de vivre à lendroit. Un marché de vente puéril parmi les yeux brûlants. Ah, lespoir, lespoir, toujours lespoir Au milieu des décombres fumantes, Lhistoire, votre histoire, généreuse et seule. Jirai chanter sur les toits plombant. Un chat sans amour ferreux. Un jour de Noël, les enfants étrangleront lillumination. Eclate, feu dartifice qui habille les visages ; Eclate, engouffre les masques de carnaval. Serpentins qui étoufferont les gorges asséchées. Un bonheur de plomb qui fond dans ma bouche ; Un bonheur sans fond où sa largeur est nulle. Je plongerai dans les senteurs dasphalte moite De ma main aux perles de sueur salées. Un bain de froides sueurs. On verra les lourds convois dhommes brûlés Comme une mèche Qui, inexorablement courent vers la bombe. La zone urbaine au milieu de mes songes grotesques, Le sang en horreur qui brûle sur les hypertensions, Caricature, orage blasphémé, Parchemin dexcrément putride, E ciel et moi, à toi, la fille fragile, Tu es constellée de météores ensanglantées, Je pense souvent au beurre de fortune mystique, Livre, fourniture aromatique des images aphrodisiaques, Je connaîtrai un jour lhorreur des jours de gloire, La nuit sait les amants, Un amant de soi, un miroir continu, Un cercle, un centre où lon se retrouve, Où lon retrouve sa crasse, sa bassesse glorieuse, Mais tu verras, les corbeaux un jour seront jaunes, Tous les oiseaux savent le ciel Et toi, que sais-tu, vénérable étranger, Il est bien facile de couper les fils invisibles, Encore faut-il les remplacer, Des diamants et des émeraudes de vêtement arraché Ecorchés sont les hommes. Le sourire gras, Des lèvres tendues comme une peau de tambour ; Une cigarette à létrange saveur ! Cest un rêve qui sétoile en fumée
Aucun soleil ne peut consommer lillusion ; Le soldat à la tête de papier Est revenu parmi les siens. La nuit semble désarçonner Tous mes essais de possession de mon néant. Le froid nexiste pas Et seul Le vent peut rythmer admirablement Les balancements de mes états dâme. Je ne me suis jamais senti aussi proche de mon néant. Car il est nécessaire de décalquer Toutes les supercheries de lêtre. Je suis nouveau, Le pur de la renaissance mortelle. Je suis mon dieu, sans majuscule et sans fils, Avec une mère adultère comme cordon ombilical. Je me laisse à traîner mes chaussures dans la mort, Chauve-souris, marmotte et nouvel hiver éternel. Je retourne au présent, au passé, au futur, Le sommeil mappelle, je lance les rêves dans les caves, Je coupe toute retraite à mon esprit, Jenferme mon silence dans mes oreilles cassées, Je décompose les muscles, Le visage fond, Lexplosion est prête pour le nouveau silence. Sur ce pont désert, Je repense à toi, A ce qui a été, A ce qui aurait pu être Si je navais
Si tu navais
Et passent les colères, Passent les paroles, Les souvenirs restent Comme des cicatrices Figées dans ma mémoire. Je pars moublier Dans les méandres obscurs De ce lit de rivière Dans lequel bouillonne Ma chair désintégrée Par ton absence subite. Que lon change les cercueils de place ! Les tombeaux et autres caveaux ne minspirent plus lhorreur. Les rats, la vermine, les vers, les yeux crevés, Les ventres desséchés, les rires figés, les os pulvérisés Nentrent plus pour un certain temps dans ma mixture. Tout le monde déambule comme des noctambules ivres Qui se cognent aux murs gris ; Ils nont même plus le radar nécessaire. Une autre les guide, sûr et acier. La nuit est sordide, Et pourtant, je ne coinçais même pas une ouverture à cet état. Jai une invitation au jour, au grand jour moderne. Mais que pourrais-je en faire ? Je retourne en mon ombre, au silence, En recopiant lentement toutes les larmes abandonnées Par les femmes, En soignant doucement tous les enfants Qui ne comprennent plus rien. Et je nai que la chambre, Je la possède plus. Je suis trop loin, sans aucune restriction Pour violer les campagnes, Les murs nexistent pas ; Je ne veux plus dorénavant découvrir Un seul écu sous mon lit. Je ne suis quun regard Qui se pose comme une colombe sur un toit. Jai décidément la farce dérangée ; Mon rire se souvient dun regard Qui fut aussi dur que mon sexe. Suis-je amer au point de le traîner Dans la boue matrimoniale ? Le cynisme me plaît, cest le fruit du renouveau. Je lui offre une bague en forme de couronne dépines, Et ce fut la victime des hommes. Ou peut-être des femmes ? Je rivalise de sang ; La nuit découpe en tranches sanglantes les rêves à venir. Tout est possible. Les gardiens des tombeaux dorment. Le sommeil sen est allé ailleurs. Cest à moi toute cette ivresse ? Je suis vraiment décuplé. Le cri fut tellement violent, si puissant, Que jen avalai ma langue, Et ce serpent caché dans les taillis de mon cerveau Minjecta son venin paralysant. Rien à faire
Et attendre que le cours de mon sang Remonte mes veines ; Lartère est gonflée, Le cri est bloqué, Attendre, encore attendre que jaillisse le flot dinjures. Le soleil ne percevra plus les origines ; Nul nest invité à tromper mon angoisse. Les châteaux, les flots et les perles dalcool, Les livres qui sendorment entre deux oreillers de poussières, Les plages en or liquide Qui sécrasent sur les visages trop vieux, Les rires dautrefois, Nos noms qui senvolent comme des colombes, Et les enfants qui ne naîtront jamais. Plus rien, et même pas un relent de conquête, Un avant dangereux. Je laisse venir, et tout soffre à moi En orgie de sens et de visions atrocement belles Comme ces chiens blessés qui se traînent et se cachent Pour mourir. Oui, et aucune autre ouverture. Quelquefois, livresse des profondeurs Me ramène en des lieux étranges. Les cimetières blafards giflés par des vents sinistres Dont les mains jettent au ciel noir des cristaux de marbre. Et la rivière qui sécoule derrière mon enfance, Charriant ce quil me reste de souvenirs. Oui, et lunique régit ma pulsion identique à mon regard. Ce sont les femmes des passants qui me forcent à identifier La courbe parfaite, La chute des reins aussi lisse quun toboggan, Le sein siamois et sensuel, La blessure large, ouvert, offerte aux semeurs de néant. Laurore sécoule en fleur de sang Sur les longs corbeaux brûlés au laser de la neige ; Les multiples miroirs Tirent les obus de laveuglement cristallin. Quelques empreintes, quelques branches fêlées, Et puis le lourd silence qui tombe de chaque boulet de nuage. Tout est miroir, reflet lance-flamme défiguré, Rire gelé et jambes cassées. La rue passe de formes nouvelles ; Et pourtant je ne peux voler les yeux des femmes. Le rire se dessine au couteau, La hanche devient chute, Les reins creusent mon ventre, Et pourtant je ne peux voler la chaleur des flammes. Jirise les parfums errants ; Ma fenêtre est ouverte, le mur est effondré. Les oiseaux se désempaillent, Lhymen se déchire, Les enfants dansent sur le pavé, Ma fenêtre est offerte aux yeux des réprouvés. La flûte nexiste plus ; Les rats sont ici, à jouer au poker. Les dents sont affûtées, Les soldats sont parés, Laventure sest arrêtée, Les rats sont chez moi, noyés dans la bière. Le revolver est prêt, Et la nuit ausculte les derniers sacrements ; Quelques poignards rouillés, Des cercueils de peau noire, Un voleur de cadavre, Et la nuit qui ausculte les premiers changements. Je dérange mon silence ; A force de gercer les syllabes musicales, Jen deviens mon bourreau, Et quais-je à me plaindre, Moi, la victime de ma folie ? Mes désirs sont clandestins, Mes envies sont perverses, Et je donne mes mains, mes paroles, mes poèmes A ceux-là mêmes qui me font devenir mon bourreau. Je suis coupé en deux, Les quartiers sanglants sagitent. Je suis metteur en scène, acteur et auteur. Cest le tragique, le comique ou la corde. Les squelettes tombent du ciel Comme des larmes de cyanure dissoutes A la graisse dune lune ; Lhomme ne peut combattre la race des vainqueurs ; Et en lui-même se fondent les spectres de sa propre mort. Les rires sont nouveaux : Soit ! Mais qui pourra déconnecter Les uvres des seigneurs de langoisse ? Mais ce ne sont pas des regards, Ce sont leurs ombres qui bâtissent Dans les banlieues Les tours gigantesques qui ne serviront Que pour le dernier saut. Minuit sonne au clocher ; Cest lannonce de la mort de ceux qui nont plus peur. La rue est déserte ; Cest ma seule étrangère à me faire crédit. Les feux qui éclaboussent les ombres, Les folies ventrales, Et les nouveaux regards. La nuit sest installée en conquérante dans mon antre. A moi, les fondements de la condition, A moi, les cris bruts, cristallins et sauvages. Le rebelle, comme le loup, ne sort que la nuit, Quand le manteau détoiles a recouvert Toute la toile de laraignée sociale. Dune dernière caresse avant le meurtre rituel
où les larmes gèlent quand le tambour ne bat plus le pavé ; Et lorage qui bombe ses ventres à plumes Comme des sexes dange Qui auraient le pouvoir de crever le soleil.
Et lhomme se détend de sa longueur
Et pourtant les rires ne sont pas dangereux. Quelle est larme absolue à détruire la pulsion ?
(Javais dépénétré quelques rixes à rives sanglantes.) Mais le soleil qui est toujours plus saoul que moi, me traîne ;
.. Comme une phrase qui
quand les soldats
Mangent dans les cartouchières des
à peaux de chat ; Et puis.........
, (
. biller par les mères
.)
alors Avions-nous le choix,
pluie qui sécrasait sur les
., Des femmes
Un enfant
Une chèvre rouge
Et quelques cités qui disparaissent Dans les puanteurs des gorges Ouvertes comme des canalisation sur un égout de Paris
Je vais partir, Je sais où mais pas exactement dans quelles rues Ou dans quelles insultes
Seulement un crachat sur la vie, Un autre sur une vitrine de Noêl E le dernier sur les yeux morts Ou peut-être le regard dune statue qui contemple son éternité ? - Le ciel ne peut prétendre à la postérité ; - Jen réponds du soleil. - Et moi, jhyperbole à faire lamour avec les nuages
.. Et puis continuer à vendre quelques rêves
. Le temps de découvrir que dans chaque regard se cache un nid ou un porc magnifique.
. LE CRI DEFONCE LE REGARD
. LE RËVE NOIE LOSNOS NU
. LHYMEN S ECLATERA
.. LE CRI DEFONCE LENNUI
.. Et ma fille nest pas en ce monde incertain, En ce monde où le temps sécoule sans un bruit. Je ne peux quécouter, que baiser la putain Qui moffre son corps nu en échange dun cri.
.. Le rythme veut reprendre sa place initiale, Mais je détruirai la fausse symétrie qui avale la douleur.
. Le cri, toujours le cri,
A en devenir muet de peur Tellement le cordon étouffe Les petits corps denfants non-nés.
.. La jambe est en étoile lactée, Eclatée sur le parterre de lierres Qui remontent entre mes cuisses gainées de lianes à sang ; Les seins à soie à lécume de sable Semblent se hausser sur la pointe des chapeaux à rubans, Et le ventre de mousse ondule Sur la terre de chair en tremblements, Comme un mouvement intérieur qui envahirait lêtre, Ecartelée par les secousses dun bulldozer à érection, Entre le désir de senfuir et lenvie de hurler. Le dos vallonne des reins à cascades Sur lesquels sépanchent des doigts de marbre sanguin ; Lil est mort, entrouvert sur le plafond qui nexiste plus. La nuit est ailleurs, Ou peut-être au creux de ses reins qui se cambrent Sous les aiguilles aigues des nerfs qui crèvent la peau Comme une fleur qui explose au matin sous le four à soleil. Et le cheveu se mêle à dautres cheveux, Et les bouches qui bavent sur les draps de peaux, Et puis la disparition de ce silence qui rythmait lhymne Quand les corps semblaient aussi froids quune tombe ? Cest toute une araignée qui a tissé sa toile Autour de ces corps nus, allongés dans les ventres. Les soutes à cadavres se sont remplies Dès les premières neiges du pouvoir nouveau ; Les corbeaux casqués longent les rues glacées. Une nuit sans lune, comme tant dautres nuits ; Où des ombres libres sagitent sous les pas des bourreaux, Une nuit où les ombres seffacent Jusquà ne plus devenir quun souvenir, quun nom oublié. Et la main tremble, Et même le sexe ne peut plus bander sa fierté dhomme, Car il ny a plus de femmes, plus de caresses, Seulement les baisers sanglants Des matraques et des gourdins. Et puis tenir, tenir jusquà la mort, Tenir jusquau dernier affront, Jusquà la dernière insulte. Les corbeaux passent et la fleur reste. Les jets de cendres au visage du soleil Comme pour essayer déteindre la mer qui senflamme Sous les ailes luisantes des baleines volantes ; Les cités bien trop loin de mes pieds fatigués, Les femmes dun instant, une seconde imaginées, Une minute aimée dans les draps dun lit de bois, Quelque part, entre une île tropicale et une ville, Les oiseaux qui sennuient, corbeaux noirs et cigognes, Vautours hostiles, aigles décarcassés, os brisés, Et puis des rires et des pendus, des femmes et des enfants, Les soldats qui senivrent et la boue qui inhume. Je me suis trop dérangé la vue Pour ne pas apercevoir les vols serrés des nuages vagabonds. Si les sourires renaissent des étoiles éventrées, Il nen reste pas moins que le rire est loin derrière le soleil ; Les larves de mes désirs avortées, Les ftus des envies dun jour, De la minute attendue pendant un siècle, Lhymne au silence semble décent, Et pourtant, Cest comme une mort de soie qui recouvrirait lhomme, Attendre, est-ce ainsi que lil pense ?
Et la neige apparaît en boulets de nuages, Un à un, lentement, sur le trottoir glissant Qui devient peu à peu un linceul écoutant Les bruits sourds, étouffés de mes pas hésitants Sur la dentelle blanche, vierge et si volage. Je nai plus de silhouette à me mettre Pour me confondre aux murs transparents de ma chambre. Cest le tourniquet aux cauchemars, Et jamais le sommeil nest au centre des cris Puisque je ne dors pas ; Je rêve au loup, solitaire et puissant, Qui longe les façades de lhorizon ; Je rêve à la femme qui est morte, Un soir de juin, dans le sel de mon regard ; Elle sest noyée dans le lit de mes larmes, Emportée, légère et douce, vers le gouffre des voleurs ; Je ne vois que des ombres, fondues aux arbres, Statues décalcifiées par le rythme moderne ; Je ferme la fenêtre, ouverte sur les murs Dune école nouvelle ; Cest la puissance du silence Qui rompt le souvenir ; Et lombre évolue sur lempreinte des draps. Larbre est détendu ; Cest lhiver installé dans les nuds des nids ; Et cest le silence qui givre les regards de verre, Ces fenêtres qui souvrent sur la rue engluée. Des mains de bois qui se tendent vers le Dieu, Implorant quelques gouttes de diamants ; Cest le marais dont immergent des mains de noyés. Et le regard ne peut soulever cette terre au ciel, Ce silence qui ronge les dernières solitudes, Aux creux de quelques yeux noirs, Couverts dune auréole de cire chauffée au sommeil. Ma main tremble aux souffles des oiseaux morts, Et le vent ne veut violenter les feuilles mortes ; Cest dun dommage tragique ; Le ciel tourne à locre ; Le feu vole les dernières cartouches de lhiver. Le cygne fend leau ; Le cou est une lame de rasoir Qui découpe la dentelle transparente. Et même le silence nose respirer, Le vent en suspension, le courant à larrêt. Le cygne fend leau ; Cest le débarcadère au rêve marin. La nuit naiguise pas. Car la lune sest enflée à lannonce heureuse, Et les arbres se découvrent, En laissant la lumière pénétrer le grand lac. Loiseau pique un regard, Le poisson sinterroge, Et le pécheur assis sendort sur la grève. Le cygne fend leau ; Et le fantôme blanc, passe, sans un bruit, En emportant dans ses ailes Le secret de la beauté. Lhomme à naître commence ; Léchelle nexiste plus Car il ny a plus de haut ni de bas. Il ny a que la pulsion Qui peut réorganiser lordre ancien en nouveau désordre. Je dénégatifie les dernières révélations. Jétais promis à lesclavage ; Je suis à nouveau désintoxiqué de lenfer ; et pourtant
Je continue à défaire les nuds de larmes.
Et puis, attendre le départ, Attendre, encore attendre ; Le train part et je reste
Condamné à lexil en mon propre domaine. Et pourtant
Je les vois, ces fusées bondées de rêves, Qui déversent au ciel leurs nuages cylindriques, Ces trains qui roulent, roulent
et roulent encore. Je ne suis que clochard, Le vagabond est mort à la cour des miracles
Les souvenirs sen vont, Et pourtant ma mémoire accouche des saltimbanques Qui errent comme une lionne dans un zoo de banlieue. Jai volé un regard ; La femme navait pas de culotte, Et la fine fente bleue de son il humide Reflétait les méandres de son ventre liquide. Les gouttes, une à une, sécrasaient sur ses jambes, Comme des obus flasques, contenant des larmes. Ses cuisses étaient tendues comme des arcs à muscles Qui lançaient des flèches à chair Dans ma poitrine à testicules flambants. Mais je lui ai rendu son regard volcanique Qui laissait couler la lave nouvelle De la bave originelle. Et puis, je suis parti, vers un autre regard, Un regard à voler, un regard à violer, Un regard à briser, un regard à parler, Mais je ne demande jamais. Je me mets à lombre, A lintérieur de mes silences et de mes souterrains. Je possède mille caves et mille greniers Desquels je peux voir les envols des colombes. Personne ne peut me déranger, Pourtant la clé nexiste pas, ni de porte, Ni de mur, ni fenêtre. Je voyage sans bouger un pied, Et même les rêves ne me servent à rien. Je redéfinis ma ville, mon cimetière enguirlandé, Mes rues piétonnières où séclatent les chevaux, Mes femmes dun jour, dune nuit oubliée, Je redéfinis la mort, et la fête et la vie nouvelle. Et même le mot semble revivre sous ma main élastique. Je me mets à lombre, A lintérieur de mes cités et de mes cimetières. Aujourd'hui, quelque part, Dans les nuds dun méandre citadin. Le flot est nouveau. Unique, peut-être fantastique. Je ne suis plus poète pour quelques heures Puisque les regards fous marrachent le pouvoir. Je retourne à lorigine sans le vouloir. Mais lautre nécessaire. Le souffle impose la transparence de linévitable rencontre Dun rentier et du mendiant. Qui donc a découvert lorgie de la lettre ? Il ne peut y avoir de superflu. Et même le mensonge, lerreur et le regret Sévanouissent, comme happés par une langue inconnue. Soit ; que le vent tourne et je deviens girouette. Mais nest-ce point après tout lobjectif de lacteur ? Mille et un silence, Cest autant de regards étrangers à celui dorigine. Ne point prendre de couleurs neuves, Cest vouloir dissoudre le fer dans leau. Je me suis résolu, et tout le mystère est là. Lailleurs nest pas plus loin Que lest mon regard de mon cerveau. Jai voulu évaporer la mer avec la chaleur de ma colère. Et rien ne peut transformer létat de mon sanglot. Si la forme évolue, le sel nen nest plus dense, Plus fort quun aimant bien armé. Cest une approche sordide, et combien dangereuse. Mais me fallut-il renoncer à latroce spectacle ? Des voyages infernaux, des canaux sanglants, Des femmes égorgées, les enfants éventrés, Un chien carbonisé, une ferme isolée, Et mon regard posé sur les ruines nouvelles ; Sans même posséder lultime éclatement, Je me contente de pencher un il sur le trottoir. Cest un affreux comique. Et personne ne bouge, la peur rend impotent. La rue semble agiter aux premières lueurs Qui baignent dun vent frais les enfants de lécole. Louvrier au café senvoie un dernier verre, Et la cloche résonne, et la machine tourne. Je cherche son regard, embué dans le rêve ; Ses yeux semblent absents, je sais quelle regarde Le pas du premier pas dil y a dix-sept ans. Le sommeil embellit ce corps qui parait mort. Le travail aujourdhui ne pourra pas mattendre, Men fous, je reste au lit à compter les baisers Qui garnissent la bouche entrouverte et luisante De celle qui senroule autour de mon corps nu. Pourquoi est-il un cur aussi fragile et pur Alors que notre monde éclate en déchirures. Tu ressembles au lion, pris au piège et blessé, Rageant contre le plomb, essayant de percer Illusoire et terrible, le regard du chien fou ; Cest ainsi quest lamour, infernal comme un trou Intérieur et dont tu ne verrais point la fin ; Ah, que le ciel est bleu ! Je ne crois plus en rien, Car les dieux sont bien morts, absents de mon enfance. Ouvrir les souvenirs, cest fermer le présent Unique aux désirs futurs de notre patience ; Regarde autour de toi, cest toujours le semblant, Alors que mon regard ausculte ta pensée ! Ne dis rien, le silence vaut mieux que lespérance
Tu ressembles à loiseau, pris au piège et blessé. Tags associés : ombres, interieures
Mardi 25 Juillet 2006Poster un commentaire
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